En 2025, la France a dépassé le cap des 200 000 points de recharge ouverts au public, et près de 65 % des entreprises de plus de 250 salariés disposent au moins d’une borne de recharge électrique sur site. Ce changement structurel illustre la transformation durable du parc automobile professionnel et la nécessité pour les entreprises de comprendre comment choisir, installer et gérer ces infrastructures de façon optimale.
Depuis 2023, la réglementation européenne et la montée du prix des énergies fossiles ont accéléré la bascule vers la mobilité électrique. En France, la loi d’orientation des mobilités (LOM) et les obligations issues du décret tertiaire renforcent la pression sur les entreprises pour verdir leur flotte. Parallèlement, la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) impose désormais de rendre compte des émissions de scope 3, incluant les déplacements professionnels.
Installer des bornes de recharge en entreprise n’est donc plus seulement un confort pour les collaborateurs : il s’agit d’un levier de conformité, de marque employeur et de performance énergétique. D’après l’Avere-France, le rythme d’installation de bornes privées progresse chaque trimestre de plus de 25 %. Cette tendance s’explique par la démocratisation des véhicules électriques et par des aides régionales encore actives, comme le programme ADVENIR reconduit jusqu’à fin 2026 (montants à vérifier).
La borne de recharge d’entreprise devient un équipement standard, au même titre qu’une solution de gestion de flotte ou un logiciel RH. Son rôle dépasse la simple recharge : il traduit une politique énergétique cohérente.
Pour mieux comprendre les enjeux, prenons l’exemple de Flexiconnect, une entreprise technologique basée à Lyon Gerland. Créée en 2011, elle emploie 320 collaborateurs, dont une cinquantaine de techniciens itinérants répartis entre Rhône-Alpes et Provence. En 2024, sa direction RSE a fixé un objectif clair : remplacer 40 % de sa flotte thermique par des véhicules hybrides rechargeables ou 100 % électriques d’ici 2026.
Pour accompagner cette transition, la société décide d’équiper son siège et deux antennes régionales de bornes de recharge. Elle hésite entre une installation en propre ou une solution clé en main externalisée. Après audit, elle optera finalement pour un mix : 8 bornes sur site, deux rapides DC et six AC 22 kW, plus un partenariat avec un opérateur interentreprises pour l’accès itinérant.
Le marché français des bornes professionnelles s’est structuré autour de trois grandes familles, différenciées par leur type de courant et leur puissance nominale.
| Type de borne | Puissance moyenne | Durée de charge estimée* | Usages typiques |
|---|---|---|---|
| Lente (AC monophasée) | 3,7 à 7,4 kW | 6 à 10 h | véhicules stationnés la nuit ou longue durée |
| Semi-rapide (AC triphasée) | 11 à 22 kW | 2 à 4 h | flottes d’entreprise, rotation de jour |
| Rapide (DC) | 50 à 150 kW | 30 à 60 min | usage intensif, transit ou service commercial |
*Durée moyenne pour une batterie de 60 kWh, variable selon tension et conditions météo.
En 2026, plusieurs nouveautés alimentent le marché : charge bidirectionnelle (V2G/V2B) permettant aux batteries de renvoyer l’énergie non utilisée dans le réseau interne, bornes connectées au cloud avec report automatique des consommations carbone, et solutions de supervision ouvertes. Certaines PME combinent ces bornes aux systèmes photovoltaïques pour maximiser l’autoconsommation.
Le taux de TVA réduit applicable sur la fourniture d’électricité dédiée aux recharges reste incertain selon la configuration (borne publique ou privée, facturation interne). Consultez toujours votre expert-comptable ou l’URSSAF avant de refacturer.
Commencez par évaluer le nombre de véhicules, leur kilométrage moyen et la fréquence des recharges. Une flotte de commerciaux itinérants n’a pas les mêmes besoins qu’un service technique sédentaire. Flexiconnect, par exemple, a combiné des bornes AC et DC pour couvrir l’usage mixte.
La puissance disponible sur site détermine le nombre et le type de bornes installables. Un audit énergétique peut révéler la nécessité d’un renforcement du transformateur ou d’un pilotage dynamique pour éviter les pics de consommation.
Seules les bornes certifiées conformes à la norme NF C 15‑100 peuvent être installées en entreprise. Il faut aussi prévoir un contrôle annuel des dispositifs de protection et de mise à la terre. Les normes ISO 15118 (communication véhicule-infrastructure) deviennent la référence pour les bornes intelligentes.
Les gestionnaires de flotte recherchent désormais des dashboards unifiés. Des solutions comme Greenway centralisent paiements, dépenses énergie et reporting RSE sur une même carte professionnelle. L’intégration à des plateformes ERP ou RH simplifie le suivi des coûts de mobilité.
Anticipez les extensions. Choisissez une architecture modulaire, où chaque borne peut être ajoutée sans retravailler tout le circuit. C’est le meilleur moyen de limiter les arrêts de service futurs.
Une borne équipée d’un système de suivi permet de comptabiliser les kWh consommés et donc les kilos de CO₂ évités par rapport à un carburant fossile. Ce reporting entre désormais dans le périmètre CSRD pour les grandes entreprises et peut être intégré au bilan GES volontaire pour les PME.
Les collaborateurs perçoivent la présence de bornes comme une attention concrète à leur qualité de vie et à leur pouvoir d’achat. Certaines entreprises instaurent des forfaits recharge plafonnés, exonérés dans certaines limites URSSAF (plafond à vérifier chaque année). Flexiconnect a observé un +15 % de satisfaction interne depuis la mise en service de ses bornes.
Jusqu’à fin 2025 (à vérifier selon la reconduction), les entreprises peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt pour l’installation de bornes sur leurs sites professionnels. S’y ajoutent parfois des subventions de l’ADEME et des conseils gratuits sur les parcours « Objectif CO₂ ».
Les solutions comme Greenway relient dépenses de recharge, notes de frais et indicateurs RSE. Grâce à sa plateforme, les directions financières visualisent le total des consommations par poste, identifient les bornes les plus sollicitées et optimisent la répartition énergétique. C’est une approche intégrée qui répond à la tendance du « All‑in‑one » responsable.
En moyenne entre 1 200 € et 3 000 € HT par point de charge, selon la puissance et la complexité du tableau électrique. Il faut ajouter les frais de maintenance et de supervision logicielle.
Oui, sous conditions. L’entreprise peut appliquer un tarif préférentiel ou rembourser une partie, à condition que le mode de paiement et le suivi soient traçables.
Un contrôle annuel de sécurité est requis, ainsi qu’une mise à jour logicielle régulière pour les bornes connectées. Une maintenance proactive évite les immobilisations inutiles.
La plupart des bornes AC sont standardisées (connecteurs Type 2). Pour les bornes DC rapides, les formats CCS et CHAdeMO coexistent encore, mais le CCS tend à devenir la norme européenne.
Oui. Avec des outils comme Greenway, les kWh consommés sont traduits en équivalent CO₂ et inclus directement dans les indicateurs de mobilité durable.
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