En 2025, la France a franchi le cap du million de véhicules électriques en circulation, dopant l’intérêt des entreprises pour la décarbonation à travers l’installation de bornes de recharge sur leurs sites. Ces infrastructures deviennent des leviers stratégiques pour conjuguer performance environnementale, économies d’énergie et attractivité employeur.
Depuis le renforcement de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), les entreprises de plus de 250 salariés doivent désormais publier leur empreinte carbone complète. Ce reporting intègre le scope 3, c’est‑à‑dire les émissions indirectes, dont la mobilité des salariés fait partie.
Dans ce cadre, les bornes de recharge électrique se positionnent comme un outil concret pour réduire ces émissions et améliorer le score environnemental de l’entreprise. La démarche répond aussi à des attentes croissantes des collaborateurs, engagés dans la transition écologique.
Le secteur du transport représente encore près de 30 % des émissions françaises. En intégrant la recharge électrique, une entreprise aligne concrètement sa stratégie RSE avec ses résultats opérationnels.
Pour de nombreuses organisations, la mobilité des collaborateurs reste le premier poste d’émissions après la production. Les trajets domicile-travail ou les déplacements commerciaux pèsent lourd dans la facture énergétique globale.
En 2026, plus de la moitié des véhicules de flotte d’entreprises françaises roulent encore à l’essence ou au diesel. L’électrification avance, mais elle dépend largement de la capacité à recharger facilement sur site.
Les bornes installées sans pilotage énergique peuvent créer des pics de consommation coûteux et saturer le réseau interne. Ce défaut d’optimisation freine la rentabilité du projet et dégrade parfois le retour carbone attendu.
Installer une borne sans étude préalable peut entraîner une surcapacité électrique et des coûts de raccordement élevés. Un audit énergétique est recommandé avant tout déploiement.
La mise en place d’un réseau de recharge est souvent perçue comme coûteuse. Pourtant, de nombreuses aides publiques et fiscales réduisent significativement la facture initiale. Le programme Advenir, prolongé jusqu’en 2027, finance jusqu’à 50 % du coût d’installation, sous conditions.
| Élément | Fourchette moyenne | Aides possibles |
|---|---|---|
| Achat d’une borne AC 22 kW | 1 200 € – 2 500 € | Jusqu’à 50 % |
| Installation + raccordement | 800 € – 1 500 € | Selon la puissance du site |
| Maintenance annuelle | 80 € – 150 € | Non applicable |
Depuis janvier 2025, les bâtiments tertiaires avec plus de 20 places de stationnement doivent être pré‑équipés à 100 % pour la recharge électrique, dont 20 % de places réellement opérationnelles. Ces obligations accélèrent la standardisation des bornes intelligentes connectées au système de gestion énergétique du bâtiment (BMS).
Les bornes nouvelle génération combinent puissance et gestion logicielle. Elles ne se contentent pas de fournir de l’électricité : elles dialoguent avec le réseau, priorisent les véhicules selon la disponibilité énergétique et optimisent les coûts de charge.
En connectant les bornes à un logiciel de pilotage, l’entreprise peut programmer les recharges en heures creuses, éviter les surcharges et utiliser en priorité l’énergie renouvelable autoproduite. C’est le principe du smart charging, désormais standard dans les appels d’offres publics.
Associées à un superviseur d’énergie (EMS), les bornes deviennent un maillon du réseau interne. Elles dialoguent avec les panneaux solaires, les capteurs de consommation et le stockage local pour équilibrer charge et consommation.
Une PME dotée de 200 m² de photovoltaïque peut alimenter jusqu’à 60 % de la charge de sa flotte avec sa propre énergie, selon le dimensionnement et la saison.
Parmi les acteurs présents : Swile, Edenred Mobility, Driveco, Zeplug ou encore Greenway. Cette dernière propose une carte pro à impact qui centralise l’ensemble des dépenses liées à la recharge, aux mobilités douces et à la restauration durable, tout en intégrant un reporting RSE automatisé. Dans ce modèle, les données de recharge sont suivies en temps réel, facilitant la consolidation dans le bilan carbone.
Enerlogis, entreprise savoyarde spécialisée dans la logistique du froid (210 salariés), a engagé en 2024 un plan de neutralité carbone à horizon 2030. Sa flotte de 25 véhicules thermiques était responsable de 38 tonnes de CO₂/an, soit 22 % de ses émissions totales.
Après un audit énergétique, l’entreprise a installé huit bornes 22 kW connectées couplées à un logiciel d’optimisation. Les recharges sont automatisées selon le taux de production solaire de l’entrepôt. Les bornes dialoguent avec un réseau de batteries stationnaires qui stocke l’excédent diurne.
Les salariés sont encouragés à passer au véhicule électrique via une participation à la recharge et un crédit mobilité mensuel. Le taux d’adoption atteint déjà 40 % en 2026. Les données collectées via les cartes Greenway permettent à la direction RSE de valoriser la baisse effective de 12 tonnes de CO₂ lors du dernier reporting.
| Indicateur | 2023 | 2026 |
|---|---|---|
| Part de véhicules électriques | 0 % | 40 % |
| Émissions CO₂ flotte | 38 t/an | 26 t/an |
| Taux d’autoconsommation énergie verte | − | 57 % |
Les économies réelles dépendent de la météo, du taux d’usage et du coût d’achat de l’énergie. Un recalibrage régulier des puissances contractuelles reste nécessaire.
Une règle empirique consiste à prévoir une borne pour dix salariés ou pour deux véhicules électriques dans la flotte, en anticipant la croissance sur trois ans.
Oui, à condition de disposer d’un onduleur compatible et d’un pilotage dynamique permettant d’utiliser l’énergie en temps réel ou stockée. Cette approche réduit jusqu’à 60 % la consommation réseau.
Depuis 2023, l’entreprise peut facturer à prix coûtant la recharge privée ou offrir la gratuité comme avantage en nature sous conditions URSSAF – montants à vérifier chaque année.
Les plateformes telles que Greenway agrègent les données d’utilisation des bornes, du carburant évité et des émissions compensées ; ces informations s’exportent directement dans les rapports CSRD.
Entre 2 et 4 heures pour une borne AC 22 kW et moins d’une heure pour une borne rapide DC 50 kW – variable selon la capacité de la batterie.
Centralisez la gestion énergétique, le suivi des bornes et vos dépenses de mobilité sur une seule plateforme. Préparez dès maintenant votre prochain reporting carbone.
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