Comment les entreprises peuvent-elles réellement comprendre et réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ? Le découpage en scope 1, 2, 3 est devenu incontournable pour piloter son empreinte carbone de façon fiable. Pourtant, la confusion demeure sur ce que recouvrent précisément ces périmètres et comment les évaluer dans la pratique.
Le découpage des émissions de gaz à effet de serre en trois scopes a été établi par le protocole GHG (Greenhouse Gas Protocol), la référence internationale en matière de comptabilité carbone.
Il s’agit de toutes les émissions directement produites par l’entreprise. Cela inclut la combustion de carburants dans les chaudières, les véhicules de l’entreprise, les procédés industriels ou encore les fuites de gaz frigorigènes des systèmes de climatisation.
Ce périmètre concerne les émissions liées à la production de l’énergie achetée et consommée : électricité, vapeur, chaleur ou froid. Même si ces émissions ont lieu ailleurs, elles résultent de la consommation énergétique de l’organisation.
Ce troisième périmètre regroupe tout le reste : l’empreinte liée à la chaîne d’approvisionnement (matières premières, transport, déchets, utilisation des produits vendus, déplacements professionnels, etc.). Souvent, il représente plus de 70 % de l’empreinte totale d’une entreprise industrielle.
Les trois scopes ne sont pas des compartiments étanches, mais des angles de vue complémentaires : ensemble, ils offrent une photo complète du cycle carbone d’une activité.
Sans découpage, impossible d’attribuer la responsabilité correcte de chaque émission ni de définir des priorités d’action cohérentes. Cette classification permet :
Pour un directeur financier ou RSE, cette distinction facilite le pilotage budgétaire : investir dans l’efficacité énergétique touche le scope 2, tandis qu’un travail sur la logistique ou les fournisseurs agit sur le scope 3.
Installée à Carquefou, près de Nantes, Lumiver (260 collaborateurs) conçoit des armatures d’éclairage public. Comme de nombreuses ETI industrielles, elle a engagé un bilan carbone afin d’évaluer ses émissions et prioriser ses actions.
Les premiers résultats ont montré que le scope 3 représentait près de 85 % du total, essentiellement lié à l’achat des composants métalliques et électroniques. Les émissions directes des usines (scope 1) ne comptaient que pour 8 %.
Lumiver a dû travailler avec ses fournisseurs européens pour obtenir des données d’empreinte précises. L’entreprise a aussi adopté un outil de suivi automatisé des postes de dépenses carbone, incluant les déplacements professionnels et achats indirects.
Réduction du transport aérien, remplacement des véhicules thermiques par hybrides rechargeables, contrats d’électricité verte : autant d’initiatives qui permettent de contenir le scope 1 et 2 à court terme, sans négliger le long terme du scope 3.
Beaucoup d’entreprises sous-estiment le scope 3 faute de données disponibles. Il est important d’assumer une part d’estimation tout en cherchant à affiner les données dans la durée.
La qualité du bilan carbone dépend largement des outils employés et des sources de données. Voici les principales approches :
| Outil / méthode | Usage principal | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Base Carbone® (ADEME) | Évaluation par facteurs d’émission standardisés | Gratuite, validée institutionnellement | Moyennes parfois éloignées des réalités sectorielles |
| GHG Protocol Corporate Standard | Cadre de calcul international | Compatible reporting CSRD et ISO 14064 | Complexité pour les petites structures |
| Bilan Carbone® Association | Démarche complète avec accompagnement méthodologique | Formation certifiante, reconnaissance française | Coût de mise en œuvre non négligeable |
| Plateformes automatisées (Greenly, Sweep, etc.) | Suivi en continu des émissions via données comptables | Gain de temps, visualisation dynamique | Précision dépendante de la qualité des imputations |
De plus en plus d’ETI couplent ces approches avec des solutions de paiement connectées comme Greenway, qui enrichissent le reporting RSE en associant chaque dépense à une estimation carbone.
Malgré sa robustesse, le modèle des trois scopes comporte des zones grises. Certaines émissions sont difficiles à attribuer, comme l’usage d’un produit vendu sur plusieurs années ou le recyclage partiel en fin de vie.
Un kilowattheure consommé par un sous-traitant peut à la fois figurer dans son scope 2 et dans le scope 3 de son donneur d’ordre. Les entreprises doivent s’accorder sur le périmètre pour éviter la surestimation globale.
Lorsque les données réelles manquent, l’utilisation de moyennes sectorielles reste acceptable, à condition d’être transparente sur les hypothèses retenues.
Avec la digitalisation croissante, le poids carbone des services numériques (cloud, stockage, visio, etc.) devient un poste à part entière du scope 3. La sensibilisation des équipes IT devient alors essentielle.
Actualisez votre bilan au moins tous les deux ans et comparez vos progrès par scope. Cette approche permet de suivre la cohérence entre vos actions RSE et vos investissements.
En France, seules certaines entreprises y sont légalement tenues (DPEF, CSRD). Toutefois, il devient incontournable pour bâtir une stratégie climatique crédible.
En affectant les consommations et achats à des centres de coûts. Les ERP et solutions de paiement professionnels peuvent automatiser cette ventilation.
Il est déconseillé de le faire : la compensation ne doit intervenir qu’après réduction effective et mesure transparente des scopes.
Outre les tonnes de CO₂e, suivez l’intensité carbone (par chiffre d’affaires ou salarié), la part d’émissions évitées et le taux de couverture de données réelles.
Entre trois et six mois selon la taille de l’entreprise et la disponibilité des données. Un outil intégré de gestion des dépenses, tel que Greenway, peut réduire ce délai en consolidant automatiquement les informations d’achat et de mobilité.
Grâce à une carte de paiement professionnelle centralisée et un reporting RSE automatisé, Greenway facilite la collecte et la traçabilité carbone des dépenses. Découvrez comment l'intégrer à votre démarche d’évaluation.
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