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Scope 1, 2, 3 : comprendre les émissions pour votre bilan carbone

Rédigé par Sandra Martin | 5 juin 2026 04:30:00 Z

Scope 1, 2, 3 : comprendre les périmètres d'émissions de votre entreprise est devenu essentiel pour toute organisation qui vise la neutralité carbone. Derrière ces termes techniques se cachent les fondations d’un bilan carbone clair et sincère, désormais incontournable pour les ETI françaises.

  1. Définir le cadre du Scope 1, 2 et 3
  2. Pourquoi cette classification est essentielle
  3. Cas pratique : l’ETI Mécatech à Lyon
  4. Mesurer et interpréter ses émissions
  5. De la donnée d’émission à la stratégie d’action
  6. FAQ – Scope 1, 2, 3 pour les DAF et responsables RSE

Définir le cadre du Scope 1, 2 et 3

Avant toute stratégie climat, il faut comprendre les périmètres d’émission. Le Scope 1 couvre les émissions directes : celles générées sur vos sites ou par vos véhicules. Le Scope 2 concerne vos consommations d’énergie : électricité, chaleur, vapeur. Enfin, le Scope 3 regroupe tout le reste – c’est-à-dire vos partenaires, fournisseurs, clients, déplacements professionnels et achats.

Scope 1 : les émissions directes

Ce périmètre correspond aux émissions issues des sources possédées ou contrôlées par l’entreprise : chaudières à gaz, flottes de véhicules thermiques, groupes électrogènes.

Scope 2 : l’énergie achetée

Il s’agit des émissions indirectes liées à la production de l’énergie consommée : électricité du réseau ou chaleur achetée. Ces émissions dépendent donc du mix énergétique du pays.

Scope 3 : les émissions de la chaîne de valeur

Le Scope 3 est le plus vaste. Il comprend près de quinze catégories : matières premières, logistique, déplacements professionnels, fin de vie des produits, ainsi que les investissements. Pour certaines entreprises, il représente jusqu’à 80 % du total.

★ À retenir

Le Scope 3 n’est pas une option : bien qu’il soit complexe à mesurer, il conditionne la crédibilité d’un bilan carbone d’entreprise complet.

Pourquoi cette classification est essentielle

Les Scopes 1, 2 et 3 ne sont pas qu’une exigence méthodologique. Ils permettent surtout de repérer les leviers d’action prioritaires. En classant chaque poste d’émission, on peut hiérarchiser les efforts, fixer des objectifs et mobiliser les parties prenantes.

Une base commune pour la CSRD

La directive CSRD, applicable aux ETI dès 2026, exige de publier un rapport complet d'émissions couvrant ces trois périmètres. Sans cette segmentation, les comparaisons entre sociétés seraient impossibles.

Un outil pour piloter son plan de transition

En mesurant les Scopes, les dirigeants peuvent mieux orienter leurs investissements : verdir leur flotte, choisir des fournisseurs responsables, ou réduire la consommation énergétique sur site.

⚠ Attention aux doublons

Ne comptez pas deux fois les mêmes émissions entre le Scope 2 et le Scope 3 (par exemple pour la production d’électricité revendue). Une cohérence méthodologique est indispensable.

Cas pratique : l’ETI Mécatech à Lyon

Mécatech, ETI de 620 salariés basée à Lyon, fabrique des composants mécaniques pour le secteur ferroviaire. En 2025, son directeur financier, Claire Beuvelet, doit publier son premier bilan carbone intégré à la DPEF.

Diagnostic initial

Le Scope 1 s’élève à 1 250 tonnes de CO₂e, principalement liées aux fours industriels. Le Scope 2 atteint 580 tonnes, via une consommation énergétique majoritairement électrique. Mais le Scope 3 explose à 6 800 tonnes : approvisionnement acier, transports des pièces, déplacements commerciaux.

Décisions clés

  • Installation de compteurs électriques intelligents pour suivre le Scope 2.
  • Plan de mobilité avec électrification de 40 % de la flotte.
  • Intégration des fournisseurs à une charte climat.

Pour gérer ses déplacements et ses dépenses associées, Mécatech adopte la carte Greenway. Sa centralisation des achats carburant, train et restauration facilite la consolidation des données Scope 3, tout en fluidifiant la vie des collaborateurs.

Mesurer et interpréter ses émissions

Mesurer les émissions demande de choisir la bonne méthode et les bons facteurs d’émission. La méthode Bilan Carbone® ou le GHG Protocol restent les références. L’important est la cohérence des hypothèses et la traçabilité.

Étapes de collecte

  1. Lister les sources d’émission par Scope.
  2. Collecter les données d’activité (kWh, litres, kilomètres, euros dépensés).
  3. Appliquer les facteurs d’émission adéquats (issus de la Base Carbone de l’ADEME).
  4. Documenter les choix méthodologiques.
PérimètreExemples de postesDonnées requises
Scope 1Véhicules, chaudièresLitres de carburant, m³ de gaz
Scope 2Électricité, chaleurkWh consommés
Scope 3Achats, déplacements, déchetsMontants d’achat, km, kg traités

Exploiter les résultats

Le rapport final doit permettre de visualiser les postes les plus émissifs. Chez Mécatech, les transports représentaient 41 % du total : un levier d’action immédiat.

De la donnée d’émission à la stratégie d’action

Connaître ses Scopes ne suffit pas : il faut les transformer en stratégie. Pour chaque périmètre, une action spécifique peut être mise en œuvre.

Scope 1 : réduire à la source

Remplacer les combustibles fossiles, moderniser les équipements, électrifier la flotte ou investir dans des énergies renouvelables.

Scope 2 : décarboner sa consommation énergétique

Souscrire à des contrats d’électricité verte, optimiser les bâtiments et piloter les consommations. Un système de suivi automatique via des cartes de paiement intégrées aide à relier les dépenses à leurs impacts carbone.

Scope 3 : engager l’écosystème

Informer les fournisseurs, inclure des critères RSE dans les appels d’offres, encourager les mobilités durables pour les salariés. Les outils comme Greenway ou Swile permettent de rembourser le forfait mobilités durables tout en alimentant les rapports d’émission.

★ Bon réflexe

Automatiser la collecte de données d’achat et de déplacement via des solutions comptables ou de paiement intégrées réduit considérablement le risque d’erreur dans votre reporting.

FAQ – Scope 1, 2, 3 pour les DAF et responsables RSE

Quelle méthode de calcul adopter ?

La méthode Bilan Carbone® (ADEME) et le GHG Protocol sont les plus utilisées. Les deux reposent sur la même logique de Scope, garantissant la compatibilité avec la CSRD.

Doit-on obligatoirement couvrir le Scope 3 ?

Pour la déclaration réglementaire, il est fortement recommandé. Certaines catégories (déplacements, achats, déchets) deviennent obligatoires dès la mise en conformité CSRD.

Quels outils pour suivre les données ?

Des plateformes comme Greenly, Sami ou Greenway centralisent les émissions liées aux dépenses, facilitant la mise à jour continue du bilan carbone.

À quelle fréquence actualiser ses données ?

Un suivi annuel est la norme, mais les entreprises avancées mettent en place un reporting semestriel, voire trimestriel, pour piloter l’impact des plans d’action.

Comment motiver ses équipes autour du sujet ?

En valorisant les résultats : affichage d’objectifs atteignables, sensibilisation en interne, valorisation des initiatives individuelles. La communication doit rester factuelle et transparente.

Passez à l’action

Reliez vos dépenses à vos scopes carbone

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