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Sandra Martin4 juin 2026 13:08:37 CEST5 min read

Réduire l’empreinte carbone des déplacements professionnels en 2026

Comment une entreprise industrielle comme Altech Métal à Angers peut-elle réduire le coût et l’impact de ses déplacements professionnels sans freiner son activité ? Derrière cette question se cache un enjeu stratégique pour de nombreuses ETI en 2026, à l’heure où la réduction de l’empreinte carbone devient un impératif réglementaire autant que sociétal.

  1. Pourquoi les déplacements professionnels pèsent-ils si lourd ?
  2. Réaliser un diagnostic carbone de la mobilité
  3. Agir sur les trajets courts : sobriété et mobilité douce
  4. Optimiser les déplacements longue distance
  5. Impliquer les collaborateurs et suivre les résultats
  6. Mini-FAQ sur l’empreinte carbone des déplacements professionnels

Pourquoi les déplacements professionnels pèsent-ils si lourd ?

Les déplacements représentent en moyenne 15 à 25 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’une entreprise de services, et jusqu’à 40 % pour les acteurs disposant d’une flotte commerciale. En France, les transports sont responsables de près de 30 % des émissions nationales, dont la moitié provient des véhicules particuliers et utilitaires.

Le cas Altech Métal

Altech Métal, entreprise angevine de 420 salariés spécialisée dans les équipements métalliques pour l’industrie agroalimentaire, fait face à une situation typique : 80 techniciens sillonnent chaque semaine la façade atlantique pour des installations et maintenances. En 2025, la direction décide d’engager une démarche de réduction de l’empreinte carbone afin d’anticiper les futures exigences de la CSRD.

★ Clé à retenir

Avant d’agir, il faut mesurer. Un bilan carbone précis est le point de départ de toute réduction durable des émissions liées aux déplacements professionnels.

Réaliser un diagnostic carbone de la mobilité

Entre les déplacements domicile-travail, les missions terrain et les voyages d’affaires, les sources d’émissions sont multiples. Le diagnostic doit distinguer les trois grandes catégories :

  • Déplacements internes : entre sites, pour des réunions ou des transferts logistiques ;
  • Déplacements commerciaux ou techniques ; 
  • Déplacements longue distance (train, avion, etc.).

À partir des données de carte carburant, d’indemnités kilométriques et de notes de frais, le DAF peut cartographier les postes les plus émetteurs.

⚠ Point de vigilance

Les calculs d’émissions doivent utiliser les facteurs d’émission officiels de l’ADEME, régulièrement mis à jour. Évitez les estimations simplistes ou les outils incomplets qui faussent la base de décision.

Outils et méthodes

Des solutions comme Carbon Screen, Sami ou MyCO2 permettent d’automatiser une collecte fiable. Greenway, de son côté, intègre ses données de paiement et de mobilité dans des rapports RSE exportables, ce qui simplifie la consolidation comptable et environnementale.

Agir sur les trajets courts : sobriété et mobilité douce

Pour les trajets inférieurs à 50 km, la sobriété énergétique passe par la substitution et l’incitation. Les leviers :

  • Forfait mobilités durables (FMD) : jusqu’à un certain plafond annuel exonéré de cotisations (à vérifier selon l’année) ;
  • Mise à disposition de vélos de service ou électriques subventionnés ;
  • Covoiturage organisé via des plateformes internes ;
  • Aménagement du télétravail et des horaires pour éviter les trajets doublement émetteurs.

Chez Altech Métal, la direction a combiné un FMD de 400 € et la création d’un parking à vélos sécurisé. Résultat : 28 % de trajets domicile-travail réalisés autrement qu’en voiture solo après six mois.

★ Exemple

Un salarié vivant à 10 km du site et venant à vélo 3 jours sur 5 économise plus de 400 kg CO₂/an. Multiplié par 80 collaborateurs concernés, l’effet devient tangible dans le bilan global.

Optimiser les déplacements longue distance

Les voyages interrégionaux et internationaux constituent souvent le cœur des émissions non couvertes par des plans classiques. L’optimisation repose sur quatre piliers.

1. Substitution numérique

La pandémie a installé durablement les réunions hybrides. Fixer une règle simple : tout déplacement de moins d’une journée de présence sur site doit être justifié par un besoin opérationnel précis.

2. Arbitrage train/avion

Sur des trajets inférieurs à 4 heures de train, la voie ferroviaire s’impose. Certaines entreprises mettent en place un surcoût interne symbolique pour les billets d’avion afin d’inverser naturellement le choix.

3. Écoconduite et renouvellement de flotte

La transition de flotte vers l’électrique ou l’hybride rechargeable nécessite une planification budgétaire. Altech Métal a engagé la conversion progressive de ses utilitaires légers : dix véhicules hybrides livrés en 2026. Un suivi des consommations grâce à la carte Greenway a permis d’identifier 12 % de kilomètres inutiles, éliminés par une meilleure planification.

Type de trajetSolution recommandéeGain estimé CO₂
< 10 kmVélo, marche, FMD–90 % à –100 %
10–250 kmTrain, covoiturage–60 %
> 250 kmTrain + visioconférence hybride–40 %
⚠ À noter

Les gains indiqués sont basés sur les moyennes ADEME. Ils varient selon le mix énergétique et la performance des véhicules de votre flotte.

Impliquer les collaborateurs et suivre les résultats

La réussite d’une politique de mobilité durable repose sur l’adhésion du personnel. Un reporting unilatéral ne suffit pas ; il faut aligner incitations, communication interne et mesure transparente.

Gouvernance du projet

Chez Altech Métal, un comité interne « Mobilité et Climat » réunit RH, finances et responsables techniques. Tous les trimestres, le tableau de bord des déplacements inclut trois indicateurs : kilométrage total, émissions, et taux d’utilisation du FMD.

Outils de suivi

Les cartes professionnelles intégrant la géolocalisation ou le comptage automatique des carburants (ex. Greenway, Edenred Mobility, TotalEnergies Fleet) offrent un suivi consolidé. Couplées à un ERP ou à un outil de bilan carbone, elles servent de base pour le reporting CSRD.

★ Astuce

Communiquer chaque semestre sur les progrès réalisés – comme l’équivalent émissions vs arbres plantés – motive davantage les équipes que des chiffres bruts.

Mini‑FAQ : empreinte carbone et déplacements professionnels

Quels déplacements inclure dans le calcul ?

Tous les trajets effectués dans le cadre de l’activité professionnelle : visites clients, missions techniques, séminaires, mais aussi trajets domicile-travail si l’entreprise les indemnise.

Comment comptabiliser les émissions du covoiturage ?

L’ADEME préconise de diviser les émissions du trajet par le nombre de passagers effectifs. Les plateformes de covoiturage fournissent souvent les distances nécessaires.

Le télétravail réduit‑il vraiment les émissions ?

Oui, mais sous conditions : il dépend du chauffage au domicile, de la fréquence réelle des jours télétravaillés et des trajets évités. Une approche « mixte » reste la plus efficace.

Faut‑il compenser les déplacements qui restent ?

La compensation carbone doit intervenir après réduction maximale. Des projets labellisés (Label Bas‑Carbone, Gold Standard) garantissent la traçabilité des compensations.

Quels indicateurs suivre pour le reporting CSRD ?

Au minimum : émissions totales CO₂e, part des trajets alternatifs, dépenses de mobilité durable, et évolution annuelle depuis la base 0 du diagnostic initial.

Solution

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Sandra Martin

Éditorialiste responsable

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