Un titre-restaurant ne vaut que par ce qu'on peut en faire là où l'on déjeune vraiment. La question du titre restaurant où utiliser acceptation revient plus souvent que le choix de l'émetteur lui-même : un réseau d'acceptation clairsemé transforme un avantage apprécié en frustration quotidienne. En 2026, le périmètre reste large : restaurants, boulangeries, restauration rapide, supermarchés, plateformes de livraison. Il s'articule toutefois autour de deux cadres à ne pas confondre : l'agrément délivré par la Commission Nationale des Titres-Restaurant (CNTR) d'un côté, la dérogation temporaire pour les courses en supermarché de l'autre, prolongée jusqu'au 31 décembre 2026. Ce guide décortique le réseau d'acceptation, les commerces éligibles et les différences de couverture entre Swile, Edenred, Pluxee, Up et Bimpli.
- Environ 248 000 établissements sont agréés par la CNTR en France (restaurants, commerces de bouche, restauration rapide)[1], avec un plafond d'utilisation de 25 € par jour travaillé depuis le 1er octobre 2022[2].
- L'achat de tout produit alimentaire en supermarché reste autorisé jusqu'au 31 décembre 2026, par la loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025[3].
- Uber Eats et Deliveroo acceptent les cartes des cinq grands émetteurs (Swile, Edenred, Pluxee, Up, Bimpli), via des partenariats formalisés[4][5].
Le périmètre d'acceptation : ce que la CNTR définit
Tout commerce qui accepte un titre-restaurant doit d'abord obtenir un agrément de la CNTR, l'organisme qui régule le secteur depuis 1967. L'agrément assimile l'établissement à la profession de restaurateur : il couvre les restaurants traditionnels, les snack-bars et la restauration rapide, mais aussi les commerces de bouche (boulangeries, traiteurs, primeurs, épiceries fines), dès lors qu'ils vendent des denrées destinées à une consommation immédiate[6]. Le réseau agréé compte aujourd'hui environ 248 000 établissements en France[1], soit un maillage suffisant pour couvrir la plupart des zones d'emploi, y compris en périphérie urbaine.
Côté salarié, l'usage est encadré par un plafond quotidien de 25 €, relevé de 19 € à 25 € le 1er octobre 2022 et maintenu depuis[2]. Un seul titre est utilisable par jour travaillé ; les dimanches, jours fériés et jours de congés sont exclus. Techniquement, la quasi-totalité des paiements passe aujourd'hui par le système Conecs, qui dématérialise l'ensemble des cartes (Swile, Edenred, Pluxee, Up, Bimpli) et permet à un commerçant d'accepter les cinq avec une seule configuration de terminal. C'est cette interopérabilité qui a fait disparaître le fameux « désolé, on ne prend pas votre carte » : sur le réseau CNTR classique, un établissement agréé accepte en principe toutes les cartes.
Le réseau d'acceptation classique est commun à tous les émetteurs. Ce qui distingue Swile d'Edenred ou de Pluxee n'est plus tant la liste des commerces que l'application, le portefeuille mobile et les services associés (géolocalisation, paiement partagé, cagnottes).
Restaurants, boulangeries et restauration rapide : le cœur du réseau
La restauration traditionnelle reste le terrain naturel du titre-restaurant. Brasseries, restaurants de quartier, chaînes de bistrot, cantines d'entreprise privées : tous peuvent solliciter l'agrément CNTR, et la plupart des établissements fréquentés par les actifs le possèdent. Les boulangeries jouent un rôle de plus en plus central dans le déjeuner des salariés : sandwichs, salades, formules à emporter en font des points de restauration à part entière, et les artisans boulangers peuvent demander l'agrément en ligne auprès de la CNTR[7]. Pour un salarié pressé ou en télétravail partiel, la boulangerie du coin vaut souvent mieux qu'un restaurant assis.
La restauration rapide accepte elle aussi les titres-restaurant, avec une règle à connaître : l'usage est plafonné à 25 € par jour, hors dimanches et jours fériés. McDonald's, par exemple, accepte les titres dématérialisés jusqu'à ce plafond et précise sur son site l'exclusion des jours non travaillés, conformément au cadre CNTR[8]. Burger King, Quick, KFC, ainsi que les chaînes de sandwicheries (Subway, Exki), fonctionnent sur le même modèle. Le titre couvre un repas. Il ne finance pas un menu familial réglé en une fois au-delà de 25 €.
Reste une zone grise que les DRH connaissent bien : les produits non directement consommables. Hors dérogation, un titre-restaurant ne doit servir qu'à acheter un plat prêt à consommer. Cette règle, rappelée chaque fois que la dérogation supermarché est menacée d'expiration, explique pourquoi le législateur a dû intervenir à plusieurs reprises pour étendre l'usage aux courses alimentaires.
Le supermarché : une dérogation prolongée jusqu'au 31 décembre 2026
C'est le point le plus surveillé du dossier. Depuis la crise sanitaire, une dérogation autorise l'achat de tout produit alimentaire en supermarché, y compris non directement consommable : pâtes, riz, conserves, fruits, légages à cuire, produits frais. Sans prolongation, ce dispositif aurait dû s'éteindre fin 2024. La loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025 le proroge jusqu'au 31 décembre 2026, publiée au Journal officiel le 22 janvier 2025[3][9]. Concrètement, vos salariés peuvent régler leurs courses alimentaires avec leur carte tout au long de l'année 2026.
Deux limites encadrent l'usage : le plafond de 25 € par jour s'applique aussi en supermarché, et seuls les produits alimentaires sont éligibles. L'alcool, les produits d'entretien, l'électroménager ou la presse restent exclus. Le ticket de caisse isole donc la part alimentaire du reste ; la plupart des enseignes (Carrefour, Auchan, Leclerc, Lidl, Intermarché) paramètrent leurs caisses pour scinder automatiquement l'éligible du non-éligible. Côté pilotage RH, cette dérogation a un coût invisible : elle entretient une ambiguïté sur la pérennité de l'avantage « courses », et plusieurs émetteurs plaident pour une inscription durable dans la loi plutôt qu'une prorogation annuelle.
La dérogation supermarché expire le 31 décembre 2026. Au 1er janvier 2027, sans nouvelle prolongation, les titres-restaurant ne seront plus utilisables que pour les produits directement consommables. Anticipez la communication auprès de vos salariés et suivez les annonces gouvernementales sur le sujet.
Livraison et foodtech : Uber Eats, Deliveroo et le reste du marché
Les plateformes de livraison se sont imposées comme un canal d'usage à part entière, particulièrement pour les salariés en télétravail ou en déplacement. La règle : un titre-restaurant peut régler une commande livrée dès lors que le restaurateur est agréé CNTR, ce qui est le cas de la grande majorité des enseignes référencées sur Uber Eats et Deliveroo. Pluxee (ex-Sodexo) a signé dès 2021 un partenariat mondial avec Uber Eats couvrant environ 22 000 restaurants et commerces en France[4], et sa carte fonctionne aussi sur Deliveroo[5].
Les autres émetteurs ont suivi. Swile est accepté sur Deliveroo dans la limite du plafond de 25 € par jour[10] ; Edenred (Ticket Restaurant), UpDéjeuner et Bimpli sont également référencés sur Uber Eats, qui permet de filtrer les restaurants par type de carte acceptée. Une limite subsiste toutefois : le pourboire au livreur ne peut pas être réglé en titre-restaurant, pas plus que les frais de livraison au-delà du montant du repas. Il faut donc compléter avec un autre moyen de paiement. Pour une entreprise qui pousse le télétravail, la couverture foodtech est devenue un critère de choix aussi important que la densité de boulangeries autour du bureau.
| Canal d'usage | Acceptation du titre-restaurant | Plafond |
|---|---|---|
| Restaurant traditionnel | Réseau CNTR classique | 25 € / jour travaillé |
| Boulangerie, sandwicherie | Sous agrément CNTR | 25 € / jour travaillé |
| Restauration rapide (McDonald's, BK…) | Carte dématérialisée acceptée | 25 € / jour, hors dim. et fériés[8] |
| Supermarché (produits alimentaires) | Dérogation loi 2025-56 | 25 € / jour, jusqu'au 31/12/2026[3] |
| Livraison (Uber Eats, Deliveroo) | Commerçant agréé CNTR | 25 € / jour, hors pourboire[10] |
Swile, Edenred, Pluxee, Up, Bimpli : le réseau change-t-il selon l'émetteur ?
Sur le papier, non : le réseau CNTR étant commun, un commerce agréé accepte les cinq cartes. Dans la pratique, des nuances existent. Edenred (Ticket Restaurant) et Bimpli communiquent sur les réseaux les plus larges : Edenred revendique environ 265 000 à 300 000 commerces et enseignes en France[11], Bimpli environ 220 000 restaurants et commerces alimentaires[12]. Pluxee s'appuie sur son partenariat Uber Eats pour densifier la couverture livraison[4]. UpDéjeuner mise sur l'ancrage local et le commerce de proximité.
Swile, rachetée par Edenred en 2023 mais opérée de manière autonome, se distingue moins par l'étendue du réseau que par l'expérience applicative : géolocalisation des commerces acceptants, paiement sans contact via Apple Pay et Google Pay, cagnottes collaboratives pour les repas d'équipe. Pour un salarié, la vraie différence se joue sur l'app (la capacité à trouver en deux secondes une boulangerie qui prend la carte) plutôt que sur la liste exhaustive des établissements agréés. Avant de signer avec un émetteur, le réflexe utile consiste à tester l'application autour de vos principaux sites et à vérifier la densité de commerces dans les quartiers où déjeunent réellement vos équipes.
Piloter l'avantage repas au-delà du réseau
La couverture du réseau d'acceptation n'est qu'une facette du pilotage. Une fois la question « où utiliser son titre-restaurant » tranchée, reste à arbitrer l'émetteur sur le coût total, l'intégration paie et la richesse de l'application. Notre carte titre-restaurant Greenway s'inscrit dans cette logique : une seule carte pour l'ensemble des usages pro, acceptée sur tout le réseau CNTR, avec un reporting de dépenses natif et le reversement de 1 % de chaque transaction au programme 1%ForAll® de la Fondation Greenway. Pour comparer en détail les offres du marché, le comparatif 2026 des meilleures cartes titre-restaurant passe en revue tarifs, exonérations URSSAF et critères de choix.
Le titre-restaurant prend aussi tout son sens quand il s'inscrit dans une politique d'avantages salariés cohérente. Sur le pilotage global des dépenses et de l'engagement, notre livre blanc des avantages salariés et de l'engagement montre comment articuler repas, mobilité et RSE sur une même plateforme, plutôt que d'empiler les prestataires et les relevés.
Questions fréquentes
Où peut-on utiliser son titre-restaurant en 2026 ?
Sur l'ensemble du réseau agréé par la CNTR (environ 248 000 établissements) : restaurants, boulangeries, traiteurs, restauration rapide, mais aussi supermarchés pour les produits alimentaires (jusqu'au 31 décembre 2026) et plateformes de livraison comme Uber Eats et Deliveroo[1].
Peut-on payer ses courses en supermarché avec un titre-restaurant ?
Oui, jusqu'au 31 décembre 2026. La loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025 prolonge la dérogation qui autorise l'achat de tout produit alimentaire, directement consommable ou non[3]. Seuls les produits alimentaires sont éligibles, dans la limite de 25 € par jour.
Le titre-restaurant est-il accepté sur Uber Eats et Deliveroo ?
Oui. Les cartes des cinq grands émetteurs (Swile, Edenred, Pluxee, UpDéjeuner, Bimpli) sont acceptées sur ces plateformes dès lors que le restaurateur est agréé CNTR. Pluxee a signé un partenariat Uber Eats couvrant environ 22 000 commerces en France[4]. Le pourboire et les frais de livraison ne sont pas éligibles.
Quel est le plafond quotidien du titre-restaurant ?
Le plafond d'utilisation est de 25 € par jour travaillé depuis le 1er octobre 2022[2]. Il s'applique à tous les canaux (restaurant, supermarché, livraison) et un seul titre est utilisable par jour travaillé.
McDonald's accepte-t-il les titres-restaurant ?
Oui, McDonald's accepte les titres-restaurant dématérialisés jusqu'à 25 € par jour, hors dimanches et jours fériés, conformément au cadre CNTR[8]. Les autres chaînes de restauration rapide fonctionnent sur le même modèle.
Toutes les cartes titre-restaurant sont-elles acceptées aux mêmes endroits ?
Sur le réseau CNTR classique, oui : un commerce agréé accepte en principe les cinq cartes (Swile, Edenred, Pluxee, Up, Bimpli) grâce au système de paiement dématérialisé Conecs. Les différences entre émetteurs portent sur l'application, la géolocalisation et les services associés plutôt que sur la liste des commerces.
Article chapeau sur la stratégie d'avantages salariés et d'engagement, notre livre blanc des avantages salariés et de l'engagement.
Références
- Commission Nationale des Titres-Restaurant, Réseau d'établissements agréés, environ 248 000 restaurants et commerces de bouche en France. cntr.fr. ↩
- info.gouv.fr, Le plafond journalier des titres-restaurant relevé à 25 euros à compter du 1er octobre 2022. info.gouv.fr. ↩
- Vie publique, Loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025 prolongeant jusqu'au 31 décembre 2026 la dérogation d'usage des titres-restaurant pour tout produit alimentaire. vie-publique.fr. ↩
- Sodexo / Pluxee, Partenariat mondial Sodexo–Uber Eats (2021), environ 22 000 restaurants et commerces partenaires en France. sodexo.com. ↩
- Pluxee, Utilisation de la Carte Pluxee Restaurant sur les plateformes de livraison (Uber Eats, Deliveroo). pluxee.fr. ↩
- Commission Nationale des Titres-Restaurant, Obtenir un agrément pour accepter les titres-restaurant (restaurateurs et commerces alimentaires). cntr.fr. ↩
- Les Nouvelles de la Boulangerie, Les titres-restaurant en boulangerie, démarche d'agrément CNTR pour les artisans boulangers. lesnouvellesdelaboulangerie.fr. ↩
- McDonald's France, Paiement avec les titres-restaurant dématérialisés, plafond de 25 € par jour, hors dimanches et jours fériés. mcdonalds.fr. ↩
- Légifrance, Loi n° 2025-56 du 21 janvier 2025 visant à prolonger la dérogation d'usage des titres-restaurant pour tout produit alimentaire. legifrance.gouv.fr. ↩
- Swile, Régler une commande Deliveroo avec la carte Swile, plafond de 25 € par jour. help.swile.co. ↩
- Edenred, Ticket Restaurant, réseau de partenaires en France (restaurants, commerces, enseignes, plateformes de livraison). edenred.fr. ↩
- Bimpli (Natixis Intertitres, groupe BPCE), Carte titre-restaurant, environ 220 000 restaurants et commerces alimentaires acceptants. bimpli.com. ↩