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FISCALITÉ

Livre blanc fiscalité entreprise : le guide complet 2026

Fiscalité entreprise 2026 : TICPE, TVA carburant, ex-TVS, avantage en nature VE, recharge, notes de frais et exonérations URSSAF réunis dans un cadre lisible.

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La fiscalité entreprise liée à la mobilité et aux dépenses professionnelles a longtemps été traitée en ordre dispersé : la TVA sur le carburant d'un côté, la taxe sur les véhicules de société d'un autre, l'avantage en nature du véhicule de fonction dans un troisième classeur, et les exonérations URSSAF comme un sujet de paie sans rapport avec le reste. Ce livre blanc part d'un constat simple : en 2026, cette dispersion n'est plus tenable. Les taux ont bougé, les seuils ont bougé, et le moindre rapprochement de fin d'année révèle des sommes laissées en route. Ce dossier rassemble les sept branches de la fiscalité entreprise des dépenses et de la mobilité, les chiffres qui décrivent le cadre en vigueur, et l'enjeu qui les relie : les désiloter pour transformer la fiscalité en poste pilotable, pas en annualisation de pertes.


Six piliers, une seule lecture :
  • TICPE (accise sur les énergies), TVA récupérable sur carburant, ex-TVS (taxes CO₂ + polluants), avantage en nature véhicule, TVA sur frais et recharge, exonérations URSSAF : les six branches de la fiscalité entreprise des dépenses.
  • Chaque poste ouvert en silo multiplie les erreurs d'imputation et les oublis de récupération. Une lecture unifiée transforme la fiscalité en levier, pas en coûts résiduels.
  • Le cadre bouge vite : accise basculée à la DGFiP en 2025, ex-TVS renforcée chaque année jusqu'en 2027, forfaits d'avantage en nature relevés au 1ᵉʳ février 2025. L'actualisation est continue.
Récupération de TVA sur carburant par type de véhicule TVA RÉCUPÉRABLE SUR CARBURANT (DEPUIS 2022) Voiture particulière Essence 80 % Gazole 0 % VP, usage privé admis Véhicule utilitaire Essence & gazole 100 % Reprise intégrale de la TVA sur essence et gazole VU, affectation pro écart
La TVA sur carburant se récupère à 80 % sur l'essence d'une voiture particulière et à 100 % sur un utilitaire. C'est la qualification du véhicule, pas le prix du plein, qui ouvre le droit[1].

La fiscalité entreprise en chiffres (2026)

Avant d'entrer dans chaque pilier, situons le cadre. La fiscalité des dépenses et de la mobilité repose sur trois bases : la TVA (20 % en taux normal), l'accise sur les énergies (ex-TICPE) et les cotisations sociales sur la rémunération. Sur le carburant, la TVA déductible dépend du type de véhicule : 80 % sur l'essence d'une voiture particulière, 100 % sur un utilitaire, et 0 % sur le gazole d'un véhicule de tourisme[1]. C'est la qualification du véhicule, pas le prix du litre, qui ouvre ou ferme le droit à déduction.

Sur les véhicules, l'ancienne taxe sur les véhicules de société (TVS) a laissé place en 2023 à deux taxes annuelles distinctes (une taxe CO₂ et une taxe sur les polluants atmosphériques) qui se renforcent chaque année jusqu'en 2027[2]. Sur la rémunération, l'avantage en nature d'un véhicule de fonction s'est durci au 1ᵉʳ février 2025 : les forfaits d'évaluation passent de 9 % à 15 % du prix d'achat pour un véhicule récent, et de 30 % à 50 % du coût annuel en location[3]. Et côté exonérations sociales, le forfait mobilités durables a vu son plafond d'exonération porté à 600 € par an et par salarié depuis le 1ᵉʳ janvier 2025[4]. Quatre leviers, quatre calendriers : voilà pourquoi une lecture unifiée vaut mieux que quatre dossiers isolés.

Les six piliers de la fiscalité entreprise des dépenses

1. La TICPE, devenue accise sur les énergies. La Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques a été rebaptisée accise sur les énergies. Pour les transporteurs routiers et les taxis, une partie de cette accise est remboursée sous conditions. Depuis les consommations de janvier 2025, la demande de remboursement se fait auprès de la DGFiP. Les douanes ne gèrent plus ce flux[5]. Les taux forfaitaires 2025 s'établissent à 29,20 €/hl pour le gazole, 31,39 €/hl pour le supercarburant E5 et 29,39 €/hl pour le E10[5]. La récupération est réelle mais elle ne s'obtient pas d'elle-même : elle suppose un rapprochement précis entre pleins, kilométrage et activité éligible. Le détail dans notre guide d'optimisation de la récupération TICPE en 2025.

2. La TVA récupérable sur le carburant. C'est le levier le plus mal maîtrisé, parce qu'il dépend d'une règle technique rarement explicitée. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, la TVA sur l'essence est déductible à 80 % pour une voiture particulière et à 100 % pour un utilitaire. La TVA sur le gazole, elle, reste non déductible pour un véhicule de tourisme (0 %) mais récupérable à 100 % pour un utilitaire[1]. La frontière se joue sur la qualification du véhicule (VP ou VU) inscrite sur la carte grise. Une flotte qui ne ventile pas ses pleins selon cette qualification laisse chaque année de la TVA sur la table. C'est aussi le poste où l'intégration paie le plus vite : un plein catégorisé dès la transaction, et non saisi à la main en fin de mois, supprime l'erreur d'imputation.

3. L'ex-TVS : taxes CO₂ et polluants. L'ancienne taxe sur les véhicules de société a été remplacée par deux taxes annuelles sur les véhicules de tourisme affectés à des fins économiques[2]. La taxe CO₂ suit un barème progressif par tranches d'émissions (méthode WLTP pour les véhicules récents), avec un renforcement chaque année jusqu'en 2027. La taxe sur les polluants atmosphériques se calcule par catégorie : 0 € pour l'électrique et l'hydrogène, 130 € en 2026 pour les essences et hybrides Euro 5 et 6, et 650 € pour les véhicules les plus polluants[2]. Les véhicules électriques et à hydrogène sont exonérés de la composante CO₂. C'est le levier fiscal le plus direct de l'électrification. À noter : depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, un abattement de 40 % sur les émissions s'applique aux véhicules roulant au superéthanol E85[2]. La déclaration se dépose en ligne au mois de janvier suivant la période d'imposition.

4. L'avantage en nature du véhicule de fonction. Quand une entreprise met un véhicule à disposition d'un salarié pour un usage privé, cela constitue un avantage en nature soumis à cotisations. L'arrêté du 25 février 2025 a relevé les forfaits d'évaluation pour les véhicules mis à disposition à partir du 1ᵉʳ février 2025 : 15 % du prix d'achat TTC pour un véhicule de moins de 5 ans (10 % au-delà), contre 9 % et 6 % auparavant, et 50 % du coût global annuel en location avec option d'achat, contre 30 %[3]. L'électrification attnue ce durcissement : un abattement de 70 % s'applique sur l'avantage en nature forfaitaire des véhicules 100 % électriques, dans la limite d'un plafond de 4 582 € par an[3]. Sur un véhicule électrique acheté 30 000 € TTC, l'avantage en nature tombe ainsi à 810 € par an. Un écart qui pèse lourd dans l'arbitrage d'un renouvellement de flotte.

5. La TVA sur les frais et la recharge électrique. Le carburant n'épuise pas le sujet de la TVA récupérable. Les frais professionnels (repas d'affaires, hébergement, péage, transport collectif) ouvrent des droits à déduction variables, et la recharge électrique d'un véhicule de société ouvre elle aussi un droit à déduction de la TVA, dès lors qu'elle est facturée à l'entreprise. C'est là que la fiscalité des notes de frais rejoint celle de la mobilité : une note de frais structurée et catégorisée dès la dépense alimente directement la récupération de TVA, là où un reçu papier glissé dans une enveloppe se solde trop souvent par un oubli. Le rapprochement se joue au moment de la transaction, pas au moment de la déclaration.

6. Les exonérations URSSAF des avantages sociaux. Plusieurs avantages liés à la mobilité et au quotidien des salariés sont exonérés de cotisations sociales sous conditions strictes : le forfait mobilités durables (600 €/an en 2025, 900 € en cumul avec la prise en charge obligatoire de l'abonnement de transports publics)[4], les titres-restaurant (part employeur exonérée jusqu'à 7,26 € par titre en 2025, à condition qu'elle représente 50 % à 60 % de la valeur faciale)[6], et les cadeaux du CSE sous plafond. Ces dispositifs ne sont pas anecdotiques : ils transforment une dépense de personnel en avantage net pour le salarié, sans alourdir le coût employeur. Mais ils supposent une traçabilité rigoureuse. C'est la condition sine qua non de l'exonération en cas de contrôle.

Le coût des erreurs de récupération

Une fiscalité entreprise dispersée se paie deux fois : en sommes non récupérées et en temps de gestion. Trois erreurs reviennent systématiquement. La première, l'erreur d'imputation : un plein de véhicule de tourisme saisi comme un plein d'utilitaire, ou inversement, fausse à la fois la TVA déductible et le montant soumis à l'ex-TVS. La deuxième, l'oubli de récupération : une note de frais non catégorisée, un remboursement d'accise non demandé, un abattement VE non appliqué. Autant de droits ouverts mais non exercés, qui s'accumulent en silencieux sur chaque exercice. La troisième, le retard déclaratif : l'ex-TVS se déclare en janvier, la demande de remboursement d'accise suit un calendrier propre, et l'avantage en nature se régularise sur la DSN. Un calendrier manqué, et c'est une pénalité qui remplace une récupération.

À retenir

Une fiscalité pilotée vaut mieux que six fiscalités optimisées séparément. Regrouper carburant, recharge, frais, ex-TVS et avantages sociaux dans un référentiel unique transforme la récupération en processus, et l'erreur en exception, plutôt que l'inverse.

L'intégration n'est pas un confort, c'est une garantie de récupération. Une carte de paiement pro qui catégorise chaque transaction dès l'instant où elle survient alimente automatiquement la TVA déductible, le rapprochement d'accise et le reporting ex-TVS, sans ressaisie manuelle. C'est l'angle que défend Greenway : une seule carte carburant et mobilité reliée à un back-office de gestion des dépenses, où chaque ligne porte sa qualification fiscale. La récupération devient un sous-produit du pilotage, pas un projet annuel. Et le détail de l'arbitrage entre carte et indemnités kilométriques se lit dans notre comparatif cartes carburant vs indemnités kilométriques.

La checklist de la récupération intégrée

Pour transformer la fiscalité entreprise en poste pilotable, six vérifications concrètes suffisent à éviter les erreurs les plus coûteuses :

Avant la prochaine clôture :
  • Ventilez vos pleins par qualification de véhicule (VP essence 80 %, VP gazole 0 %, VU 100 %), faute de quoi la TVA est imputée au hasard.
  • Sollicitez le remboursement d'accise si vous êtes transporteur ou taxi. La demande se fait désormais à la DGFiP[5].
  • Appliquez l'abattement VE de 70 % (plafond 4 582 €/an) sur l'avantage en nature des véhicules électriques[3].
  • Déclarez l'ex-TVS en janvier sur impots.gouv.fr, véhicule par véhicule (CO₂ + polluants)[2].
  • Vérifiez le respect des plafonds URSSAF : FMD 600 €/an, titre-restaurant part employeur 50-60 % plafonnée à 7,26 €[4][6].
  • Catégorisez chaque frais dès la transaction. C'est la condition d'une TVA récupérable sans ressaisie.

Le cadre fiscal qui se resserre chaque année

La fiscalité entreprise des dépenses et de la mobilité s'inscrit dans un mouvement réglementaire continu, et le calendrier se resserre. Les barèmes ex-TVS se renforcent par paliers annuels jusqu'en 2027 : la taxe sur les polluants atmosphériques passe ainsi de 130 € à 160 € pour les véhicules essence Euro 5 et 6, et de 650 € à 800 € pour les plus polluants[2]. Les forfaits d'avantage en nature ont été relevés en février 2025 et n'ont pas vocation à revenir en arrière[3]. Et la dématérialisation des déclarations (accise à la DGFiP, ex-TVS en ligne, DSN pour l'avantage en nature) transforme chaque échéance en flux de données structurées, plus qu'en formalité papier.

Ce resserrement a une conséquence stratégique : la fiscalité produit de la donnée réglementaire, pas seulement de la dépense. Une entreprise qui pilote ses dépenses et sa mobilité dans un référentiel unique dispose déjà de la matière première de ses déclarations : TVA déductible, assiette ex-TVS, avantage en nature, exonérations URSSAF. À l'inverse, une entreprise qui gère chaque poste en silo reconstruit cette donnée chaque année à grand renfort de tableurs. C'est exactement le même mécanisme que pour le reporting CSRD, et il appelle la même réponse : l'intégration avant la renormalisation.

Vigilance

Les seuils et plafonds évoluent chaque année. Avant toute déclaration, vérifiez les montants en vigueur sur impots.gouv.fr et urssaf.fr. Un barème daté de 2024 appliqué en 2026 génère une erreur de récupération ou une pénalité.

Questions fréquentes

Quelle TVA récupérer sur le carburant d'une voiture particulière ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2022, la TVA est déductible à 80 % sur l'essence d'une voiture particulière et à 0 % sur son gazole. Pour un véhicule utilitaire, elle est récupérable à 100 % sur l'essence comme sur le gazole[1].

Qu'est-ce que l'ex-TVS devenue en 2025 ?

L'ancienne TVS a été remplacée par deux taxes annuelles : une taxe CO₂ (barème par tranches d'émissions WLTP) et une taxe sur les polluants atmosphériques (0 € en électrique, 130 € en essence Euro 5/6, 650 € pour les plus polluants en 2026)[2].

Comment se calcule l'avantage en nature d'un véhicule électrique ?

Pour un véhicule mis à disposition depuis le 1ᵉʳ février 2025, l'évaluation forfaitaire part de 15 % du prix d'achat TTC (véhicule récent), avec un abattement de 70 % pour les véhicules 100 % électriques, plafonné à 4 582 € par an[3].

Quel est le plafond d'exonération du forfait mobilités durables ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, le FMD est exonéré de cotisations sociales et d'impôt jusqu'à 600 € par an et par salarié. Le plafond monte à 900 € en cumul avec la prise en charge obligatoire de l'abonnement de transports publics[4].

Comment obtenir le remboursement de la TICPE (accise) ?

Les transporteurs routiers et les taxis peuvent demander un remboursement partiel d'accise. Depuis les consommations de janvier 2025, la demande se fait auprès de la DGFiP, avec des taux forfaitaires de 29,20 €/hl pour le gazole et 31,39 €/hl pour le supercarburant E5[5].

Quelles conditions pour exonérer les titres-restaurant ?

La participation de l'employeur doit représenter 50 % à 60 % de la valeur faciale du titre, et ne pas dépasser 7,26 € par titre en 2025 (7,32 € en 2026) pour ouvrir droit à l'exonération de cotisations[6].

Faut-il un outil dédié pour piloter la fiscalité des dépenses ?

Pas un outil par poste, non : un référentiel unique. Une carte de paiement pro reliée à un back-office de gestion des dépenses catégorise chaque transaction et alimente directement la TVA déductible, l'ex-TVS et les exonérations URSSAF, sans ressaisie.

Dossier chapeau. Ce livre blanc est le pilier transversal de la fiscalité entreprise.

Références

  1. BOFIP (impots.gouv.fr), TVA - Exclusions et restrictions du droit à déduction (BOI-TVA-DED-30-30-20) : TVA récupérable sur l'essence à 80 % pour les voitures particulières et 100 % pour les véhicules utilitaires depuis le 1ᵉʳ janvier 2022 ; gazole non déductible pour les VP. bofip.impots.gouv.fr. ↩
  2. Entreprendre Service-Public (Direction de l'information légale et administrative), Taxes sur l'affectation des véhicules de tourisme à des fins économiques (ex-TVS) : taxe annuelle CO₂ (barème WLTP par tranches) et taxe sur les polluants atmosphériques (0 € / 130 € / 650 € en 2026) ; exonération des véhicules électriques et à hydrogène, abattement E85 de 40 %, déclaration en ligne en janvier. entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩
  3. Légifrance / URSSAF, Arrêté du 25 février 2025 relatif à l'évaluation forfaitaire des avantages en nature véhicule : forfaits relevés à 15 % (achat < 5 ans), 10 % (> 5 ans) et 50 % (location/LOA) pour les véhicules mis à disposition à partir du 1ᵉʳ février 2025 ; abattement de 70 % pour les véhicules 100 % électriques, plafonné à 4 582 €/an. legifrance.gouv.fr. ↩
  4. URSSAF, Forfait mobilités durables (FMD) : plafond d'exonération sociale et fiscale porté à 600 € par an et par salarié depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, jusqu'à 900 € en cumul avec la prise en charge obligatoire de l'abonnement de transports publics. info.urssaf.fr. ↩
  5. Entreprendre Service-Public / impots.gouv.fr, Remboursement partiel de l'accise sur les énergies (ex-TICPE) : transfert de gestion aux douanes vers la DGFiP pour les consommations à partir de janvier 2025 ; taux forfaitaires 2025 : gazole 29,20 €/hl, supercarburant E5 31,39 €/hl, E10 29,39 €/hl. entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩
  6. Entreprendre Service-Public / économie.gouv.fr, Titres-restaurant : condition d'exonération URSSAF : participation employeur de 50 % à 60 % de la valeur faciale, plafonnée à 7,26 € par titre en 2025 (7,32 € en 2026). entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩

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