La taxe véhicules de société TVS a changé de nom et de méthode, mais pas de nature : elle existe toujours. Depuis 2025, l'ex-TVS est devenue la « taxe annuelle sur les émissions de CO₂ » et la « taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques », deux composantes qui se cumulent pour chaque véhicule affecté à l'activité économique d'une entreprise. Beaucoup de directions financières découvrent la réforme au moment de la déclaration, parfois avec des surprises, comme la fin de l'exonération des hybrides. Ce guide fait le point, en 2026, sur qui est redevable, comment se calcule la taxe, ce qui exonère, et comment articuler tout cela avec la gestion d'une flotte.
- L'ex-TVS est aujourd'hui la somme de deux taxes annuelles : une sur les émissions de CO₂ (barème par tranches WLTP), l'autre sur les polluants atmosphériques (forfait selon la catégorie Crit'Air).
- Les véhicules 100 % électriques ou à hydrogène sont exonérés des deux composantes. Les hybrides, eux, sont redevenus redevables de la taxe CO₂ depuis le 1er janvier 2025.
- La déclaration se fait en ligne sur impots.gouv.fr, en janvier pour les entreprises au régime réel normal, sur le formulaire 3310-A-SD.
De la TVS à la taxe annuelle sur les véhicules de société : que reste-t-il
Le principe historique (taxer les véhicules détenus ou pris en charge par une entreprise) subsiste, mais l'assiette a été redécoupée pour s'aligner sur la fiscalité européenne. Aujourd'hui, une seule assiette déclenche deux taxes cumulatives : la taxe annuelle sur les émissions de CO₂, et celle sur les polluants atmosphériques. Le total dû pour un véhicule est la somme des deux[1].
Le législateur a voulu que la taxe pèse surtout sur les motorisations carbonées, et moins sur les véhicules propres : un électrique sort presque gratuitement du dispositif, un diesel ancien paie l'addition deux fois. Cet article complète notre guide de récupération TICPE et notre dossier sur l'optimisation fiscale des notes de frais.
Qui est redevable de l'ex-TVS en 2026
La taxe véhicules de société TVS frappe tout véhicule affecté à des fins économiques en France, dès lors que deux conditions se cumulent : le véhicule est autorisé à circuler (carte grise valide) et il est rattaché à l'activité économique d'une entreprise. Trois cas déclenchent ce rattachement[2] : l'entreprise détient le véhicule (propriété ou location longue durée d'au moins deux ans, crédit-bail), elle prend en charge les frais professionnels associés (indemnités kilométriques), ou le véhicule circule en France pour les besoins de l'activité.
Sont concernées les voitures particulières (M1) et certains utilitaires de moins de 3,5 tonnes (catégorie N1 : camionnettes à au moins trois rangs de sièges, pick-up à cinq places). Les entreprises individuelles sont exonérées. La taxe se calcule au prorata des jours d'affectation : un véhicule acquis en cours d'année n'est taxé que sur la fraction concernée.
Attention aux indemnités kilométriques. Quand l'entreprise rembourse les frais d'un véhicule qui ne lui appartient pas, un coefficient pondérateur s'applique selon la distance remboursée. En dessous de 15 000 km/an, la taxe est nulle. Au-delà de 45 000 km, elle est due à 100 %. La frontière se joue au kilomètre près, et l'entreprise doit pouvoir justifier ces distances en cas de contrôle.
Le calcul de la taxe CO₂ : un barème par tranches WLTP
C'est la composante la plus lourde pour une flotte thermique. Le tarif annuel résulte d'un barème progressif par tranches, appliqué aux émissions de CO₂ du véhicule en grammes par kilomètre. Le barème WLTP s'applique aux véhicules dont les émissions ont été mesurées selon ce cycle lors de leur première immatriculation en France. C'est aujourd'hui le cas dominant[3]. Chaque tranche est multipliée par un tarif marginal, et l'on somme l'ensemble.
Les tranches basses sont quasi gratuites, puis le tarif marginal grimpe en flèche au-delà de 125 g/km. Un véhicule à 100 g/km coûte environ 213 € de taxe CO₂. À 160 g/km, la note dépasse 1 500 €. Ce design pousse vers des motorisations sobres. C'est l'objectif affiché.
La taxe sur les polluants : un forfait selon la vignette Crit'Air
La deuxième composante dépend de la catégorie de polluants atmosphériques du véhicule, qui recoupe les vignettes Crit'Air. Trois tarifs annuels existent en 2026[4] : 0 € pour la catégorie E (électrique, hydrogène, vignette verte), 130 € pour la catégorie 1 (essence, hybride et gaz Euro 5 et 6, vignette violette), et 650 € pour les véhicules les plus polluants (vignettes jaune à grise et non classés). Ce forfait se cumule avec la taxe CO₂.
| Motorisation (exemple) | Taxe CO₂ annuelle | Taxe polluants annuelle | Total ex-TVS |
|---|---|---|---|
| 100 % électrique | 0 € (exonéré) | 0 € | 0 € |
| Euro 6, 100 g/km (thermique sobre) | ≈ 213 € | 130 € | ≈ 343 € |
| Diesel ancien, 160 g/km | ≈ 1 600 € | 650 € | ≈ 2 250 € |
L'écart entre un véhicule électrique et un diesel ancien dépasse facilement 2 000 € par an pour la même utilisation. Sur une flotte de cinquante véhicules, l'arbitrage motorisation devient un vrai sujet de trésorerie, pas seulement de politique RSE.
Exonérations : véhicules propres, activités spécifiques, abattements
Le dispositif ménage plusieurs exonérations. La plus importante : les véhicules dont la source d'énergie est exclusivement l'électricité, l'hydrogène ou une combinaison des deux sont exonérés de la taxe CO₂ et ne paient pas non plus la taxe polluants[5]. C'est la niche fiscale qui rend l'électrification d'une flotte immédiatement rentable sur ce poste. En revanche (c'est le changement 2025 le plus discuté), les hybrides et hybrides rechargeables ne sont plus exonérés de la taxe CO₂ depuis le 1er janvier 2025.
D'autres exonérations partielles existent. Les véhicules au superéthanol E85 bénéficient d'un abattement de 40 % sur leurs émissions de CO₂ (ou de 2 CV) depuis 2025, dans la limite de 250 g/km ou 12 CV. Certaines activités sont exonérées : taxis et VTC, transport public de personnes, activités agricoles ou forestières, enseignement de la conduite, compétitions sportives. Les véhicules accessibles en fauteuil roulant et ceux mis à disposition en remplacement d'un véhicule immobilisé sont également dispensés.
L'électrique sort du champ, l'hybride y rentre. En 2026, un VE ou un véhicule à hydrogène ne paie aucune des deux taxes. Un hybride, même récent, paie la taxe CO₂ et la taxe polluants comme un essence équivalent. Ce basculement change le calcul de TCO pour toute flotte en renouvellement.
Déclaration, calendrier et paiement
La taxe véhicules de société TVS se déclare en ligne sur impots.gouv.fr, via un formulaire annexe à la déclaration de TVA. Les entreprises au régime réel normal déposent le n° 3310-A-SD au cours du mois de janvier suivant la période d'imposition[6]. Celles au régime simplifié utilisent le n° 3517, à déposer avant le 3 mai pour un exercice clos au 31 décembre. Les non-assujettis à la TVA déclarent aussi sur le 3310-A-SD, en janvier.
Les taxes payées en 2026 couvrent les véhicules affectés en 2025, et le paiement intervient au dépôt. Les entreprises doivent tenir un état récapitulatif annuel par véhicule (première immatriculation, caractéristiques techniques, source d'énergie, émissions de CO₂), non joint à la déclaration mais communicable en contrôle. Une minoration de 15 000 € s'applique sur les taxes dues au titre des véhicules pris en charge au titre des frais professionnels.
Lien avec la flotte : piloter la taxe, pas seulement la payer
L'ex-TVS n'est pas qu'une ligne comptable : c'est un signal-prix sur la composition de la flotte. Une entreprise qui renouvelle ses véhicules sans regarder les émissions de CO₂ et les catégories Crit'Air se condamne à une taxe qui grimpe chaque année. Les barèmes sont renforcés annuellement jusqu'en 2027. À l'inverse, un plan de transition vers l'électrique, combiné à notre carte carburant multi-enseignes, absorbe la taxe résiduelle tout en récupérant TVA et accise sur les motorisations thermiques restantes.
Le bon réflexe : croiser, pour chaque véhicule, la taxe CO₂ attendue, le forfait polluants et les économies de TVA/TICPE récupérables. Un VE qui paraît cher à l'achat devient compétitif dès qu'on intègre une ex-TVS nulle et une énergie moins chère.
Questions fréquentes
La TVS existe-t-elle toujours en 2026 ?
Oui, mais sous un autre nom. L'ex-TVS est devenue la taxe annuelle sur les émissions de CO₂ et la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques, qui se cumulent pour chaque véhicule affecté à l'activité économique d'une entreprise[1]. L'assiette est inchangée.
Les véhicules électriques sont-ils exonérés de la taxe ?
Oui. Les véhicules dont la source d'énergie est exclusivement l'électricité, l'hydrogène ou une combinaison des deux sont exonérés des deux composantes (CO₂ et polluants)[5]. Ils ne paient aucune taxe sur ce poste.
Les hybrides sont-ils encore exonérés ?
Non, depuis le 1er janvier 2025, les hybrides et hybrides rechargeables ne sont plus exonérés de la taxe annuelle CO₂. Ils paient désormais cette composante comme un véhicule essence équivalent, ainsi que la taxe polluants (généralement 130 € en catégorie 1).
Comment se calcule la taxe CO₂ d'un véhicule ?
Pour la majorité des véhicules récents, on applique le barème WLTP : les émissions de CO₂ (en g/km) sont réparties par tranches, chaque tranche étant multipliée par un tarif marginal, et l'on additionne[3]. Les tranches au-delà de 125 g/km sont fortement taxées (50 à 65 €/g).
Quand et comment déclare-t-on l'ex-TVS ?
La déclaration se fait en ligne sur impots.gouv.fr, en janvier, sur le formulaire 3310-A-SD pour les entreprises au régime réel normal (et celles non soumises à la TVA)[6]. Le paiement intervient au moment du dépôt. Les taxes payées en 2026 couvrent l'année 2025.
Une entreprise individuelle est-elle soumise à l'ex-TVS ?
Non. Les véhicules affectés à des entreprises individuelles sont exonérés des taxes annuelles CO₂ et polluants[2]. Cette exonération ne s'applique pas aux sociétés commerciales (SARL, SAS, SA).
Article chapeau : ce guide s'inscrit dans notre livre blanc fiscalité entreprise.
Références
- Entreprendre.Service-Public.gouv.fr / Direction de l'information légale et administrative, Taxes sur l'affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS) : deux taxes annuelles cumulatives (CO₂ et polluants atmosphériques). entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩
- Entreprendre.Service-Public.gouv.fr, Conditions d'affectation à des fins économiques, véhicules concernés (M1, N1) et exonération des entreprises individuelles. entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩
- Entreprendre.Service-Public.gouv.fr, Tarifs de la taxe annuelle sur les émissions de CO₂, barème WLTP par tranches pour 2026. entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩
- Entreprendre.Service-Public.gouv.fr, Tarifs 2026 de la taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques (catégories Crit'Air : 0 € / 130 € / 650 €). entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩
- Entreprendre.Service-Public.gouv.fr / BOFiP (BOI-AIS-MOB-10-30-20), Véhicules exonérés : énergie exclusivement électrique, hydrogène ou combinaison des deux. Fin de l'exonération des hybrides en 2025. entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩
- Entreprendre.Service-Public.gouv.fr, Déclaration des taxes sur l'affectation des véhicules, formulaire 3310-A-SD (régime réel normal et hors TVA), dépôt en ligne en janvier. entreprendre.service-public.gouv.fr. ↩